Mon héroïne

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Mon nom de jeune fille est Fatma Bent Omar Ben Moussa.

Je viens d’une petite communauté berbère isolée dans les montagnes du nord du Maroc. Au fur et à mesure de mon  histoire, cette petite communauté va se battre pour devenir un pays indépendant qui se prénomme le Rif, qui s’étend sur toute la côte Nord du Maroc. Je me suis mariée il y a quelques mois, je devins Fatma El Achkar. Les temps sont durs, une guerre éclate entre le Rif et l’Espagne.  La guerre s’étend jusqu’à Tetouan où les colonies espagnoles s’installent.

 

Quatre ans passent, la guerre est sanglante, mais je reste forte même si j’ai perdue deux enfants à la naissance.  Je suis triste mais Dieu l’a décidé ainsi, je reste forte pour mon mari et mes deux magnifiques filles Halya et Jawilia. La guerre continue je vois mes semblables se faire tuer par les Espagnols qui jouissent de voir leurs têtes accrochées sur des piques devant leurs campements, quand je vois ça mon cœur se serre et je tombe en sanglots dans les bras de mon mari, heureusement qu’il est à mes côté pour me réconforter. Cinq ans passent, j’ai eu deux autres magnifiques filles Himou  et Karima mais j’ai encore perdu trois enfants à la naissance.  Je suis enceinte, j’espère ne pas perdre à nouveau le bébé.

 

Trois ans ont passé, la guerre s’est calmée, on a battu les Espagnols qui sont retournés chez eux. J’ai eu deux autres enfants Mohamed et Najat et je viens d’accoucher de mon dernier enfant, c’est une petite fille ;  « Hayat », qui signifie « la vie ». Je suis heureuse d’élever mes trois derniers enfants sans que la guerre nous gâche la vie au quotidien.Je veux pouvoir élever mes enfants sans avoir peur de me faire tuer en sortant de chez moi.

 

Quatorze ans passent, tous les aînées se sont mariés, il ne reste que les cadets. Je me sens fatiguée et vieille, plus les jours passent plus je me sens fatiguée, plus je me sens me rapprocher de Dieu et je redoute ce jour…

 

Le jour qu’elle redoutait arriva le 17 Mars 1999. Ma grand-mère a rendu l’âme un an après la naissance de mon grand frère.  Je n’ai jamais connu ma grand-mère, mais pour moi c’est une héroïne car elle a élevé ses enfants en temps de guerre. Je suis fière d’elle même si je n’ai pas eu l’occasion de la rencontrer ou d’avoir des souvenirs d’elle mais le plus beau souvenir que j’ai d’elle c’est…la fierté d’être sa petite fille Houda Laachir.

 

Houda Laachir, 5ème 4.

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  • j’admire une si belle écriture alors que tu n’es qu’en 5e !bravo, vraiment.

    Manue L 2 avril 2017 18 h 15 min Répondre

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